Valverde, le rêve arc-en-ciel

À 38 ans et 16 années de cyclisme professionnel derrière lui, l’espagnol Alejandro Valverde a décroché, ce dimanche 30 septembre 2018 à Innsbruck, sa première médaille d’or aux championnats du monde de cyclisme sur route. Un titre qu’il a toujours désiré et qui lui a souvent échappé.

Une victoire au bout du suspens

Tels étaient les premiers mots du presque quadragénaire ibérique quelques secondes après avoir franchi la ligne d’arrivée au terme d’un sprint qu’il a mené de bout en bout. Il succède donc au slovaque Peter Sagan et portera toute la saison prochaine le tant désiré maillot arc-en-ciel. Mais la journée ne lui a pas été de tout repos et la course n’était pas gagnée d’avance. En effet, tous les spécialistes s’accordent à dire que le parcours tracé, cette année, par l’UCI, était sans doute le plus compliqué de l’histoire : 265 kilomètres de course, plus de 5000 mètres de dénivelé avalés par les coureurs et un mur final avec des pentes à plus de 25% !

Crédits: Eurosport

De quoi correspondre à un grimpeur puncheur comme Alejandro Valverde. Le coureur sortait d’une Vuelta plutôt satisfaisante avec une cinquième place au général, deux victoires d’étapes et le classement par points. Il arrivait à ces championnats du monde plus déterminé que jamais. Il s’agit d’une course où il a été souvent maudit par le passé. C’est une course qui a toujours été l’un des objectifs de sa carrière. On peut citer, hélas pour lui, douze participations avec deux deuxièmes places (2003 et 2005) et quatre médailles de bronze (2006, 2012, 2013 et 2014).

« C’est incroyable, j’en reste sans voix, c’est une émotion extraordinaire ! »

Des favoris décevants

Au départ, il n’était pas l’unique favori, loin de là. Le parcours montagneux avantageait les habituels leaders des grands tours. On pense notamment au britannique Simon Yates, vainqueur épatant et écrasant de la Vuelta en Espagne deux semaines plus tôt. Or ce dernier a été lâché avant même le mur final. Et c’est le cas de bon nombres de coureurs : Wout Poels, Dan Martin, Michal Kwiatkowski (champion du monde en 2014) ou encore Miguel Angel Lopez, victime d’une chute avant le dernier tour. Toutefois, cet éclatement du peloton a été rendu possible par l’énorme travail de l’équipe italienne roulant pour ses leaders Gianni Moscon et le requin de Messine, Vincenzo Nibali. L’italien a mené la course jusqu’au pied du mur de Gramart, surnommé en Autriche, l’enfer d’Höttinger.

L’équipe de France, entre déception et satisfaction…

Voilà maintenant 21 ans, et la victoire de Laurent Brochard, qu’un Français n’a pas été sacré champion du monde de cyclisme sur route. Pourtant cette édition semblait être la bonne vue la tournure de la course et la forme de nos coureurs. Le début de la course s’est parfaitement passé, mis à part l’abandon sur chute de Warren Barguil. L’équipe de France s’était présentée au bas du mur de Gramart avec quatre coureurs, et pas des moindres : Rudy Molard (qui sera immédiatement lâché), Thibaut Pinot, Romain Bardet et Julian Alaphilippe. Ce dernier avait été désigné leader de l’équipe et favori de la course avec Valverde. Ce rôle de favoris a très vite été assumé par les Français. Ils ont mené un train d’enfer dès le pied du mur avec un épatant Thibaut Pinot en grande forme après un tour d’Espagne excellent.

Puis, ce fut au tour de Romain Bardet de mener le peloton. Ce dernier perdait unes à unes des unités pour ne laisser qu’une dizaine de coureur. Tout semblait alors aller pour le mieux. Mais les espoirs français placés dans les jambes d’Alaphilippe se sont vite envolés. Il n’a pas pu suivre le rythme imposé par son coéquipier. En haut du mur, ils n’étaient plus que trois : Romain Bardet (qui a poursuivi son effort en voyant son leader craquer), Michael Woods et Alejandro Valverde.

Enfin la consécration pour Valverde

AFP/Christof STACHE

Il ne restait alors plus que dix kilomètres de course. Le sprint était inévitable et les qualités de sprinteur de l’espagnol l’avantageaient complètement par rapport à ses deux compagnons. Mais pourtant, lors de la descente finale, le Hollandais Tom Dumoulin, a réussi à rejoindre le groupe de tête. Cela a redistribué les cartes étant données ses qualités de rouleur. Toutefois, ses efforts lui auront été fatals puisqu’il n’a pas pu participer au sprint lancé et remporté par Alejandro Valverde devant Romain Bardet et Michael Woods.
Il devient le troisième Espagnol champion du monde et rajoute ce titre à un palmarès déjà très bien rempli. On peut citer le Tour d’Espagne 2009. La Flèche Wallonne à cinq reprises. Deux Critérium du Dauphiné Libéré ou encore quatre éditions de Liège-Bastogne-Liège. Il prouve encore et toujours qu’il est l’une des légendes du cyclisme sur route.

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