Un hexagone de plus en plus homophobe ?

Les semaines passent et se ressemblent en matière d’homophobie. Agressions, humiliations, harcèlements : ces scènes se répètent en boucle et marquent le quotidien des hommes et des femmes homosexuels et LGBT français.

Marche des Fiertés LGBT 2015, à Paris, le 27 Juin 2015.By Vassil [CC0]

Le visage de l’homophobie 

Sur un banc place de la République, sur un trottoir en sortant d’un restaurant, à la sortie d’un théâtre, au bois de Boulogne ou à l’arrière d’un VTC, les agressions homophobes se multiplient chaque semaine. Toujours selon le même schéma. Ce sont des coups et des insultes qui pleuvent sur ces hommes et femmes dont le seul tort est de s’aimer. 

Nous avons encore tous en tête les terribles images de l’agression de Guillaume Mélanie, président de l’association Urgence Homophobie. Le 16 Octobre et après les faits, l’homme avait choisi de partager ses blessures sur les réseaux sociaux. Son geste a tristement fait écho aux images d’autres agressions plus anciennes comme celles d’Arnaud Gagnoud ou de Clément Grobotek. Plus que des portraits de victime, c’est le visage de l’homophobie qui se dessine à travers ces images. 

Images partagées par Guillaume Mélanie, Clément Grobotek, Arnaud Gagnoud suite à leurs agressions.

Le silence toujours maitre chez les victimes ?

Dans son Rapport sur l’homophobie 2018, l’association SOS homophobie présente une augmentation des agressions de ce type.

«En 2017, 4,8 % de témoignages de LGBTphobies de plus, une seconde année de hausse, + 15 % d’agressions physiques : notre inquiétude est grande face à une homophobie et une transphobie qui ne cessent de progresser.»

Pourtant, selon la préfecture de police, le nombre d’agressions homophobes a diminué. Passant ainsi de 171 faits pour les neuf premiers mois de 2017, à 151 pour la même période cette année. Soit près de 12% de baisse… Comment expliquer ces écarts ? En grande partie par la peur. En effet à l’heure où, par crainte, 2 millions de personnes cachent encore leur orientation sexuelle au travail selon le Défenseur des droits, le dépôt de plainte reste encore rare. Mais alors de quoi ont-ils peur ? Peur de porter plainte avec une police mal formée, peur des jugements, peur de devoir faire face à leurs agresseurs. Résultat : c’est la loi du silence.

Face à cela, les associations tirent la sonnette d’alarme. De plus en plus organisées, ces structures mettent en place des unités d’écoute performantes et incitent les victimes à parler. Sur le site de SOS homophobie, on peut ainsi « témoigner » ou « signaler » un évènement LGBTphobe. Grâce au Refuge cette fois-ci, les jeunes isolés peuvent avoir accès à un hébergement. L’homophobie quotidienne, au travail, au sein du cercle familial où à l’école est alors prise pour cible. L’objectif? Enfin mettre fin à l’homophobie. 

Des coups politiques

Dans une société où le mariage pour tous et le doit à la PMA sont encore des thématiques sensibles et (très) clivantes, les coups prennent souvent une origine politique. Mercredi 24 Octobre, dans le cadre d’une mission parlementaire au sujet des lois bioéthiques (visant à accorder la PMA à toutes les femmes), le député Guillaume Chiche s’est emparé du sujet. 

Face à Ludovine Rochère, présidente de la Manif pour tous, l’homme s’est emporté « Avec votre attitude, vos propos et vos actions, vous véhiculez la haine crasse qu’est l’homophobie« . Il a par ailleurs ajouté « On ne peut pas fonder son discours sur la discrimination sans être responsable des faits qui en découlent ». 

Liberté, égalité, fraternité 

Aujourd’hui, à l’image de celle de Guillaume Chiche, de plus en plus de voix s’élèvent en faveur de la cause homosexuelle et LGBT. Pour preuve, les initiatives prises dans le milieu cinématographique, dans le milieu du football ou encore de la publicité. Ensemble, tous comptent bien faire changer les mentalités.

Il a fallu attendre le 12 Juin 1981 pour que l’homosexualité ne soit plus classifiée comme une maladie mentale. 2013 pour que le mariage gay soit adopté. Combien de temps faudra t-il encore pour qu’une orientation sexuelle ne fasse plus l’objet de discrimination ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *