My Absolute Darling, la claque littéraire de la rentrée

Une des révélations de la rentrée littéraire est l’américain Gabriel Tallent qui signe une fiction à la fois terrible et sublime sur un sujet habituellement tabou.

Un roman mûrement réfléchi

Huit ans, c’est ce qu’il a fallu à Gabriel Tallent pour écrire son récit. Et cela se sent immédiatement lorsqu’on ouvre le roman, traversé par le souci du détail impressionnant. Les longues descriptions de la nature sont celles qui rendent l’histoire supportable. Sans elles, le lecteur, reposerait le livre au bout d’une dizaine de pages. Il n’est pas long, mais dense, et parfois presque trop dur. Pourtant, impossible de le lâcher ; on avale les chapitres inexorablement.

Sorti en été 2017 aux États-Unis, traduit en France au début de l’été 2018, le livre fait parler de lui maintenant, car le sujet qu’aborde Gabriel Tallent ne peut pas être pris à la légère.

L’ambigu pour mot d’ordre

Les quelques dizaines de pages qui ouvrent le roman semblent placer un voile entre le lecteur, et la relation de Turtle Alveston et son père, Martin, charismatique, aimant aux premiers abords. Rapidement le voile tombe et la vérité éclate. Martin se rapproche plutôt d’un sociopathe ; et l’amour qu’il porte à sa fille est plus monstrueux que filial.

Et voilà que le lecteur n’a d’autre choix que de regarder cette vérité en face tout au long du livre. Le sujet du roman est loin d’être glamour, mais il y a un certain équilibre, même fragile, entre l’inconcevable et le sublime.

Une ode à la nature et à l’amitié

Même si le sujet est dur, et que Tallent ne prend pas de pincettes pour le traiter, My Absolute Darling est aussi un roman fort en amitié et en images frappantes. L’histoire de Turtle est avant tout celle d’une adolescente qui apprend enfin à se libérer d’un joug dont elle n’avait pas conscience, mais qu’une amitié naissance lui pointe du doigt.

Par ailleurs le roman est impressionnant par le cadre dans lequel il se déroule. Les dangereuses côtes californiennes et les grands espaces caractéristiques des États-Unis ont un grand rôle dans la scénographie du roman. La nature étant aussi le seul endroit où Turtle se sente vraiment bien, elle revêt une dimension ultra-symbolique et permet des moments de coupure avec l’intrigue de fond.

Un livre déjà culte de l’autre côté de l’océan

Si en France il fait déjà grand bruit par son approche incroyable du sujet, aux États-Unis, c’est déjà une référence. De nombreux journaux, comme le New York Times en ont fait une critique élogieuse.

Stephen King, ponte du roman d’épouvante, compare Martin à Harry Powell, personnage clef de La Nuit du Chasseur. «Le terme de « chef-d’œuvre » est bien trop galvaudé, mais il ne fait aucun doute que My Absolute Darling en est un.»

Insolite

Il a reçu en juin le prix America, de la revue française du même nom, qui n’existe que le temps du mandat de Donald Trump, qui recense les écrivains qui marquent ou vont marquer ces quatre années.

 

My Absolute Darling de Gabriel Tallent, disponible aux Editions Gallmeister pour la traduction française⎢24,40€

 

 

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