Midterms : Pas de « blue wave », mais quelques remous

Les Américains étaient appelés à voter pour leurs représentants ce mardi 6 novembre. Tandis que certains avançaient des résultats avec une « Blue Wave » (ras-de-marée démocrate) ou une « Red Wave » (ce qui n’a pas de sens littéral), le scénario le plus probable s’est réalisé.

Les observateurs (de près) de la politique américaine l’avaient vu venir. La « blue wave » n’a pas eu lieu. Loin de l’Europe, l’Amérique est loin d’être anti-Trump. Si des manifestations géantes ont eu lieu en faveur des droits des femmes ou pour une meilleure régulation des armes, ce fut dans les grandes villes. L’Amérique rurale vote pour les candidats républicains du GOP.

Deux Amériques irréconciliables

Les démocrates ont changé la donne en remportant la majorité des sièges à la Chambre des Représentants. Ils ont notamment gagné quelques sièges symboliques, avec leurs candidats du Kansas, de Virginie ou encore du Colorado. Néanmoins, la majorité reste courte et le parti devra faire face à des divisions internes. Le parti présidentiel ressort quant à lui de cette élection avec les états du Missouri, la Dakota du Nord et l’Indiana.

Le Capitole, à Washington DC

Au Sénat, ce sont les républicains qui sortent renforcés avec par exemple la victoire arrachée de Ted Cruz au Texas. Donald Trump n’a donc pas à s’inquiéter. Le Sénat a outre-Atlantique plus de pouvoir que l’autre chambre. Les sénateurs ont notamment pour charge la validation de juges fédéraux ou encore la ratification de traités internationaux.

La Chambre des Représentants pourra, si elle le souhaite, proposer un agenda démocrate (même s’il sera facilement rejeté) mais sera également en charge des commissions d’enquête.

10 ans après l’élection de Barack Obama, les États-Unis sont plus divisés que jamais. Ironie de l’histoire, c’est l’ancien Président qui voulait justement réconcilier les deux Amériques. L’Amérique bleue des métropoles et celle rouge, des campagnes. « Aujourd’hui elles sont totalement séparées (…) on a deux mondes », résume Corentin Sellin, invité dans Bourdin Direct ce matin.

Un résultat qui plaît à Trump

Pour les projets de lois, Donald Trump devra donc négocier, faire des compromis. Tâche difficile pour celui qui est parfois controversé au sein même du GOP. Cependant, le Président pourra toujours avoir recours à des décrets. Pour Trump, il s’agit plus d’une demi-victoire qu’une demi-défaite. Il se voit conforté dans sa position avec les sièges gagnés au Sénat. Difficile d’imaginer un autre candidat que lui dans le camp républicain pour la prochaine présidentielle, et c’est ce qu’il espérait.

Nancy Pelosi et Donald Trump /AP

Dans le camp démocrate, plusieurs sensibilités pour une seule chambre. On retrouve la ligne très à gauche de Bernie Sanders, candidat malheureux à la primaire démocrate. Mais s’affirme également une ligne plus modérée, voire constructive. Cette dernière devrait s’imposer et cela n’est pas sans importance. Les démocrates ont inversé la tendance dans la chambre basse (« flip the House ») et vont devoir élire leur Speaker.

Nancy Pelosi est alors pressentie pour ce rôle. Et cela plaît au Président qui souhaite une personnalité comme elle, qui ne s’affirme fondamentalement opposée à lui. « En toute équité, Nancy Pelosi mérite d’être élue Présidente de la Chambre par les démocrates » affirme-t-il dans un tweet. Il annonce également que si des voix lui manquent, des représentants républicains pourraient voter pour elle.

 

De nouveaux visages démocrates

Les démocrates ont réussi un autre pari. Celui de faire éclore d’autres personnalités alors que Bernie Sanders et Hilary Clinton occupent l’espace médiatique du parti. Certains évoquent également le nom de Joe Biden, vice-Président d’Obama comme piste pour 2020.

Ilan Omar et Rashida Tlaib, deux candidates démocrates ont été respectivement élues dans le Minnesota et le Michigan. Les deux candidates ont la particularité d’être de confession musulmane. Elles n’ont également que 36 et 42 ans.

Alexandria Ocasio-Cortez, une victoire pour l’espoir ?

REUTERS/Andrew Kelly

Mais celle dont tout le monde parle, c’est Alexandria Ocasio-Cortez. Elle a 29 ans, est d’origine hispanique et a remporté haut la main sa circonscription de New-York (14e) avec quelques 78% des suffrages exprimés. « Les femmes comme moi ne sont pas censées se présenter à une élection ». C’est avec ces mots qu’elle lançait sa campagne, elle est désormais la plus jeune femme jamais élue au Congrès. Dans son bastion démocrate, la victoire était assurée, et pourtant Alexandria Ocasio-Cortez a bien l’intention de laisser plus que cette marque dans l’Histoire.

Jeune, elle incarne l’espoir pour cette nouvelle génération de démocrates qui s’affirme de la ligne gauche du parti. La nouvelle « congresswoman » a participé à la campagne de Bernie Sanders pour l’investiture. Avant mai, quand elle a lancé sa campagne, elle était serveuse dans un bar de Manhattan. Devenue très populaire en un rien de temps, elle s’est également attirée les foudres des pro-Trump, jusqu’à Fox News, la chaîne préférée du Président.

Si Alexandria Ocasio Cortez a des ambitions présidentielles, elle devra toutefois attendre l’élection de 2024. Aux États-Unis, il est nécessaire d’avoir 35 ans pour le poste de Président ou vice-président…

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