Mardi 6 novembre 2018, 15h35

A quoi correspond donc cette date ? Une naissance ? Un RDV ? Eh bien non, c’est tout simplement la date à partir de laquelle les femmes, en France, travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année 2018. Pourquoi ? L’inégalité salariale entre les femmes et les hommes.

L’égalité salariale, ce n’est pas une mince affaire. Chaque année,  la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes se poursuivent. Il s’agit de se battre pour que les droits économiques des femmes soient respectés. Droits qui forment aujourd’hui une « grande cause nationale ».

Quelques chiffres

En Europe, lorsqu’un homme gagne 1€, une femme gagne seulement 48 centimes. En 2011, les femmes gagnaient 15,7% de moins que les hommes. Mais l’écart n’en reste pas moins important en 2016, où la différence demeure tout de même 15,2%, selon les chiffres Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union Européenne. Selon l’INSEE, il y aurait 9% d’écart de salaire à poste égal, et 23,7% sur toutes les carrières, tous secteurs confondus.

Les inégalités sont encore extrêmement grandes dans certains pays d’Europe, notamment en Estonie où le pourcentage d’écart entre les femmes et les hommes est de 28,3. Des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche sont entre 15 et 20% d’écart. La Belgique, la Norvège, l’Italie ainsi que la France se trouvent en dessous du seuil des 10%, ce qui reste néanmoins beaucoup trop.

A plus petite échelle, en Ile de France, seulement 7,25% des entreprises de plus de 50 salariés ont conclu un accord ou ont adopté un plan sur l’égalité de janvier 2016 à aout 2018 en Seine-et-Marne, pour 17% à Paris et 21,5% en Hauts-de-Seine. D’après Le Parisien, dans cette région de France, plus de 8 entreprises sur 10 n’ont pas encore instauré un plan pour réduire les inégalités comme le dit la loi.

« A travail égal, salaire égal », nous dit la loi instituée en 1972. Cette loi, reprise par la suite par le code du travail, stipule que « tout employeur est tenu d’assurer pour un même travail ou pour un travail de valeur égal l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes ». Malgré son existence, certaines entreprises n’en tiennent pas compte. Le gouvernement donne 3 ans à ces dernières pour remédier à cette situation d’inégalités, sous peine d’une « sanction ».

 

 

Des propositions pour du changement

Le groupe féministe Les Glorieuses propose quelques idées pour s’engager dans cette lutte contre les inégalités, qui selon lui, est une « obstination des féministes à réclamer l’égalité ». A toutes les femmes qui veulent participer à ce combat, Les Glorieuses conseillent de s’informer sur ces inégalités salariales, en quelques chiffres, de calculer ce que l’on pourrait gagner en tant qu’homme, de signer une pétition afin de demander 3 mesures concrètes au gouvernement, ainsi que de partager cette pétition avec le #6novembre15h35 sur les réseaux sociaux.

Les mesures dont parlent ces femmes ne sont autres qu’une équivalence du congé paternité à celui de maternité, un certificat d’égalité obligatoire, et une obligation de transparence des salaires.

Rebecca Amsellem, présidente et fondatrice des Glorieuses, âgée de 29 ans, s’exprime sur cette injustice : « sur les 5 dernières années, la différence salariale s’est réduite de 0,5 point », avant d’ajouter « A ce rythme, l’égalité entre femmes et hommes sera atteinte dans 150 ans, soit en 2168 ».

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Quelques témoignages

Ce lundi 5 novembre, sur Europe 1, Marlène Schiappa, écrivaine, militante féministe et femme politique française, qualifie l’écart entre les sexes d’« énorme ». Hélène Périvier, économiste à l’OFCE et spécialiste des inégalités entre les femmes et les hommes, s’exprime sur le sujet : « la moitié de cet écart est due au temps de travail », les femmes étant « davantage » employées à temps partiel que les hommes. Elle explique cela notamment par le fait que « l’organisation familiale est encore très sexuée ».

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