Manuel Valls, le « Macron » Catalan ?

 

La question ne cesse de faire bouger les foules depuis un peu plus de 6 mois, mais c’est officiel depuis le mardi 25 septembre. Manuel Valls sera bien candidat à la mairie de Barcelone. L’ancien Premier Ministre français, quelque peu écarté de la politique nationale française pourrait bien se relancer en Catalogne. Le tout dans un modèle qui ressemble fortement au style de campagne de l’actuel Président, Emmanuel Macron.

Comment Valls s’est-il mis en tête de conquérir la métropole catalane ?

L’épopée a débuté lorsque Albert Rivera, chef de file de Ciudadanos, parti leader des élections catalanes, cherche une tête d’affiche pour conduire sa liste aux élections européennes de 2019. Le nom de Manuel Valls est mis en avant, et commence alors la relation affective entre les grandes sphères barcelonaises et le délaissé de la politique française.

Manuel Valls et Albert Rivera.

Or, ce n’est pas ce qui intéresse ce dernier. Ce qu’il vient de se mettre en tête ? Prendre la main sur la mairie de Barcelone. Valls souhaite barrer la route aux indépendantistes et Albert Rivera laisse alors au naturalisé français libre route afin de conquérir la puissante métropole.

Une candidature qui ne fait pas l’unanimité…

À Barcelone, sa candidature n’a pas forcément été vue d’un très bon oeil. Le chroniqueur Josep Ramoneda le trouve surtout opportuniste.

« Il espère recomposer sa carrière politique en montant son propre mouvement au-delà des partis à la Macron. » – Josep Ramoneda

Ramoneda avance aussi le fait que lorsque la course deviendra plus serrée, que les débats se feront plus virulents, Valls aura du mal à suivre les candidats, Barcelonais de toujours, dans des détails qui montreront les lacunes du naturalisé français.

Pourtant, Manuel Valls a tout fait pour démontrer que ses racines n’étaient pas françaises mais bien catalanes. Il a revendiqué sa relation affective à la ville et la langue catalane qui selon ses dires était celle des repas de famille. Manuel Valls se plait aussi à raconter qu’il a effectué sa première déclaration d’amour en catalan, et non en espagnol, en français ou en italien. Il évoque aussi l’hymne du Barça composé par un des cousins de son père. Que son arrière-grand-père était un ancien conseiller municipale de Barcelone ou que son grand-père était le fondateur d’un journal en catalan. Autant de détails qu’il évoque pour prouver son attachement, ses racines à la Catalogne, et à Barcelone.

Comment Valls a-t-il géré son ascension politique catalane ?

Le candidat a déjà diné avec l’ensemble de l’élite barcelonaise. Il a été introduit dans un premier temps par Josep Ramon Bosch (chef d’entreprise et militant très actif contre l’indépendance). Il a par la suite affiné sa stratégie, en comptant sur le carnet d’adresses de sa nouvelle compagne, Susana Gallardo. Elle appartient à l’une des familles les plus fortunées de Barcelone.

Manuel Valls et sa nouvelle compagne, Susana Gallardo.

Il s’est par la suite entouré de personnalités provenant de différents horizons. On pense notamment à l’architecte Oscar Tusquets, l’écrivaine Nuria Amat ou le spécialiste en droit constitutionnel Francesc de Carreras. Il revendique comme modèle Pasqual Maragall (ex-Maire entre 1983 et 1997) qui avait orchestré la spectaculaire renaissance de la ville. Il s’est d’ailleurs attaché les services de Xavier Roig, ancien bras droit de Maragall.

Manuel Valls peut-il remporter son pari ?

Le vrai atout de Manuel Valls est son point de vue extérieur. Le député français, qui va quitter ses fonctions, peut apporter un souffle nouveau à une Catalogne qui était ravagée par des affrontements terribles il y a quelque mois de cela. Anciennement ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement Ayrault, Valls peut apporter le côté sécuritaire qui a manqué ces derniers temps à Barcelone, ville où la délinquance et et le trafic de drogue ont considérablement augmenté, notamment dans certaines zones du centre-ville.

Pour le moment, les médias sont assez sceptiques. L’ancien premier ministre est surtout assailli de critiques par une grosse partie de la presse. Francisco Fuentes rappelle sa défaite lors des primaires de la gauche en 2016, tout en disant qu’en France, personne ne veut de lui. Il rappelle sa réputation d’égocentrique et appuie surtout sur le fait qu’en 2015, Valls s’est fait payer à l’État un voyage à Berlin pour voir la finale de la Ligue des Champions entre la Juventus et le Barça….

Manuel Valls aux côtés de Michel Platini
AFP PHOTO / ODD ANDERSEN

Le premier rendez-vous est pris : ce sera en Novembre avec la présentation de sa plate-forme électorale. A suivre sur Miam.

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