Les invités des matinales du 24 octobre, par Miam

Tous les soirs sur Miam, la rédaction revient sur les interviews des matinales radio. Aujourd’hui, Alain Juppé était l’invité de Léa Salamé sur Inter, Bruno Le Maire était l’invité d’Elisabeth Martichoux (RTL) tandis qu’Emmanuelle Wargon répondait aux questions de Laurent Neumann sur RMC.

Emmanuelle Wargon, l’invitée qui ne répondait pas

Ce matin sur RMC, Laurent Neumann recevait Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du nouveau ministre de la Transition écologique, François de Rugy. Il s’agissait de la première interview télévisée de Wargon (retransmise sur BFM) mais celle-ci semble pourtant parfaitement à l’aise avec la langue de bois.

Pourquoi avoir rejoint le gouvernement ? « C’est le moment d’agir. » La nouvelle secrétaire d’État se définit « d’abord(comme) un serviteur de l’État » et, revenant sur son parcours, rappelle le lien fort entre le social et l’environnemental.

Interrogée sur son poste à Danone, Wargon refuse l’utilisation du terme de lobbyiste. « L’entreprise contribue aux enjeux publics. » Neumann est peu satisfait et l’interroge sur les propos de Guillaume, invité la veille. Jamais de lobbys dans son ministère ? « La concertation est nécessaire ». Pour Emmanuelle Wargon, il faut co-construire avec les entreprises. A croire que chacun envie le poste de l’autre…

Emmanuelle Wargon était dans l’Aude aux côtés du Président et au contact de la population. Elle a tenu à rappeler que « ces engagements seront tenus ». Laurent Neumann a souhaité l’interroger, comme son collègue la veille, sur le possible Plan calamités agricoles, la secrétaire d’État esquive la question. « Le ministre de l’Agriculture vous a répondu ». A savoir, des mesures en novembre ou décembre. Et tant pis si les agriculteurs attendent.

Une secrétaire d’Etat au service du Président… et des entreprises

Wargon n’était décidemment pas très bavarde ce matin. Tandis que le journaliste la questionne sur le contenu de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, elle préfère laisser Emmanuel Macron s’exprimer. Le Président devait annoncer le plan ce 30 octobre. Surprise, Wargon laisse échapper que l’annonce sera « courant novembre ».  La feuille de route « précisera les objectifs et donnera le chemin ».

La secrétaire d’État a également été interrogée – à titre personnel – sur le projet d’EPR de Flamanville, mais n’a pas souhaité répondre, renvoyant une fois de plus au Président.

Concernant l’absence de Bruno Le Maire mais la présence du groupe Total au « Davos saoudien » suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, Wargon explique que « les patrons d’entreprise sont libres » et que « c’est une décision d’entreprise ».

Finalement, après ses propos polémiques sur l’huile de palme, Emmanuelle Wargon précise qu’elle ne défend pas son utilisation, qui « pose un problème majeur de déforestation ». Toutefois, elle reconnaît la nécessité de l’huile de palme dans certains cas, comme les laits infantiles.

Bruno Le Maire invité de Martichoux

Invité de RTL ce matin, Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances, répondait aux questions d’Elizabeth Martichoux. A Bercy depuis le premier gouvernement, Le Maire s’est exprimé sur plusieurs chantiers de son ministère et en a profité pour répondre à Ségolène Royal.

Le Ministre en difficulté sur le site d’Ascoval

Interrogé sur le sort des salariés d’Ascoval, Bruno Le Maire n’a pas masqué son inquiétude. La fermeture de l’usine « fait partie des possibilités (…) les salariés le savent ». Refusant le parallèle avec Florange, Martichoux a tout de même rappelé la promesse de Macron d’empêcher la fermeture du site. Bruno Le Maire a alors invoqué les difficultés concernant ce dossier. Entre les mesures de Trump concernant les taxes sur l’acier et le marasme économique entourant ce marché, le gouvernement éprouve des difficultés pour retrouver un repreneur. 

Altifort s’est bien manifesté mais l’entreprise « ne peut mettre que 10 millions d’euros sur la table alors qu’il en faudrait 200 ». Le Maire a alors révélé que l’Etat est prêt à investir dans Ascoval à hauteur de l’investissement du potentiel repreneur. Pour chaque « euro d’investissement privé », l’Etat ajoutera « un euro d’investissement » public.

Paraissant légèrement dépassé, le ministre de l’Economie est des finances a aussi fait passer un message à Vallourec. Alors que Vallourec s’oppose à la reprise du site par Altifort, Le Maire estime que l’entreprise « ne peut pas se laver les mains d’employés qui étaient les siens ». Le Ministre a alors affirmé que Vallourec aurait un rôle à jouer dans tous les cas de figure et que l’Etat lui rappellerait « ses responsabilités s’il venait à Vallourec l’idée de les oublier ».

Une interview-réaction à Royal

Martichoux a ensuite rappelé à son invité les propos de Ségolène Royal à son sujet : elle dépeint le Ministre comme « le grand argentier qui ne pense qu’à lever l’impôt en utilisant hypocritement la fiscalité verte ». L’ancien candidat au primaire de la droite a jugé l’intervention de l’ancienne ministre de l’Ecologie comme « malhonnête ».

Il a d’abord critiqué sa malhonnêteté par rapport au défi écologique qui exige des mesures impopulaires. Puis Bruno Le Maire a ensuite relevé l’hypocrisie de Ségolène Royal vis-à-vis de ses engagements passés et notamment ceux sur la taxe carbone. Enfin, Le Maire a désapprouvé l’attitude de Ségolène Royal qui, en tant qu’ambassadrice nommée par le gouvernement, ne devrait pas se permettre de critiquer le gouvernement.

Pour finir, la journaliste a évoqué la décision de Bruxelles de « retoquer » le budget italien. Bruno Le Maire a soutenu cette résolution en agitant le spectre d’une éventuelle crise bancaire qui ruinerait les épargnants italiens. Il en a également profité pour rappeler que pour la première fois depuis 10 ans, la France respectait les lois européennes sur le déficit, non sans envoyer une pique au précédent gouvernement où figurait Ségolène Royal. 

Alain Juppé, l’invité apolitique de France Inter

Après 21 ans à la mairie de Bordeaux, Alain Juppé est fier de ce qu’il a accompli. La ville est belle, profondément embellie au fil des années. Il se confie à Léa Salamé sur France Inter.

Quant à son souhait de continuer l’aventure, Alain Juppé attend de découvrir les résultats des élections européennes pour se prononcer sur le sujet.

Dans son Dictionnaire amoureux de Bordeaux (Plon), Alain Juppé fait l’apologie des flâneries. Il parle des vins bordelais, des cannelés. Il sait qu’il a toujours laissé transparaitre l’image de quelqu’un de froid, ce qui n’a pas lieu d’être selon lui. Il ne se retrouve pas dans ce personnage, et cherche à le prouver dans son livre.

Le candidat aux dernières primaires de la droite ajoute même qu’il déteste les violences physiques ou morales. Pour étayer son propos, il cite Montaigne dont il admire la personnalité modératrice. Il glisse également un tacle aux extrêmes : « Il faut beaucoup de courage pour se modérer quand on voit la montée des extrêmes un peu partout. »

Interrogé sur les réseaux sociaux, l’ancien Premier ministre les trouve « formidables » car ils permettent un débat sans fin. Néanmoins, leur caractère anonyme favorise aussi la haine, la méchanceté et la bêtise. Soit une forme de violence qu’il condamne. Mais Alain Juppé sait aussi que son absence sur les réseaux sociaux lui a coûté cher lors des élections.

Au sujet de l’invalidation du budget italien par Bruxelles, il refuse l’idée d’un geste antidémocratique puisque ces règles furent votées démocratiquement. Il insiste également sur le bon sens de cette loi qui préserve  les pays européens d’une croissance démesurée de leur déficit.

Alain Juppé s’inquiète du laxisme des pro-européens qui, selon lui, devraient entreprendre des mesures afin de revigorer le continent. Cette inquiétude se conjugue au contexte international des Etats-Unis qui, pour la première fois, voient l’Europe comme un ennemi. 

Alors qu’il refuse toujours de se présenter comme tête de liste aux Européennes, Juppé souhaite néanmoins toujours faire état de ce qu’il pense et d’évaluer les propositions sur la table. Le maire de Bordeaux se dit encore indécis sur son candidat favori mais estime tout de même que les propositions du Président « lui semblent aller dans la bonne direction ». 

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