Le football français en deuil après la disparition de Marianne Mako

Décédée le 1er octobre, Marianne Mako n’était pas n’importe quelle journaliste. Elle est la première journaliste féminine à avoir participé à une émission française de télévision sur le football.

Ses débuts

Marianne débute en tant que pigiste pour France Inter, Sud-Ouest, Libération, RMC et France Football. Puis elle entre chez Téléfoot, sur TF1, en 1987, où elle devient la « pionnière des femmes journalistes ».

Une femme face au sexisme

Mais la jeune femme se retrouve « maltraitée » au sein de son équipe, notamment par Thierry Roland, un animateur de l’émission. Il affirme « ne pas vouloir de femme pour le football », comme le dénonce Gérard Holtz dans une interview sur le machisme dans le journalisme sportif.

Marianne décide de ne pas prêter attention à ces critiques. Elle se lance dans la création de sa propre rubrique, qu’elle intitule « Crampons Aiguilles », pour bien rappeler son côté féminin, si méprisé par certains. Elle en est virée en 1997, certains affirment que Thierry Roland lui-même en est la cause. « Elle est sympa, plutôt mignonne, mais j’ai entendu trop de catastrophes sortir de sa bouche pour la prendre au sérieux », a-t-il expliqué dans ses mémoires en parlant de la jeune journaliste.

Tournant professionnel

À la suite de cela, elle choisit de mettre un terme à sa carrière de journaliste sportive pour se lancer dans le domaine de la communication. Elle écrira deux livres sur le football. Dans son premier, en 1998, Ces hommes en bleu : 30 ans de confidence , elle nous fait découvrir les parcours de 30 footballeurs français, leur enfance, leur rêves et espoirs (Zidane, Deschamps…). Dans le second, en 2006, Les Rois du mondial 2006, elle peint une série de portraits des principaux footballeurs qui vont ravir le monde entier par leurs prouesses sportives tant attendues.

Marianne Mako aux côtés de l’Équipe de France

Les hommages du monde sportif

Marianne Mako est morte ce lundi 1er octobre, à l’âge de 54 ans. Elle a succombé à un cancer dont elle était atteinte depuis maintenant 2 ans. Les hommages à la jeune femme se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Sylvaine Mignogna, journaliste chez Téléfoot depuis 1982, publie sur Twitter « Il y a des jours tristes et plein de nostalgie .. Marianne Mako est partie .. Elle a été le 1er visage féminin de Téléfoot … On gardera d’elle son sourire, sa bienveillance. Les souvenirs remontent depuis cette après-midi . Douce Marianne repose en paix », accompagné d’une photo reprise par de nombreux journalistes.

Didier Roustan, qui l’avait engagé, lui a rendu hommage également. Le journaliste sportif écrit « Sa mort me touche beaucoup même si on s’étaient perdus de vue. On parlait foot mais pas seulement… Je la sentais passionnée. Je lui ai appris ce métier de la télé. J’avais un devoir de responsabilité envers elle. Ce n’était pas bien vu par certains qu’une femme parle football. Elle n’a pas été épargnée. Mais Marianne était toujours agréable, positive, gentille ». Téléfoot la qualifie de « figure de Téléfoot et une des premières femmes journalistes de sport ». Pierre Ménès, Bixente Lizarazu, Denis Brogniart et France TV Sport, entre autres, attristés par la mort de Marianne, lui rendent hommage.

Même si sa mort, le même jour que celle du célèbre chanteur Charles Aznavour, reste une annonce discrète pour la population française, la jeune femme n’en reste pas moins importante. Grâce à son parcours, Marianne Mako a montré l’exemple à de nombreuses journalistes dans le domaine sportif et a ouvert la voie à une lignée de femmes. Son existence est marquée par son courage face aux remarques sexistes, courantes dans le milieu sportif dans les années 1990.

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