Le Fake ou l’apologie de l’apparence face à la qualité

En 2018, le fake fait partie de notre vie sous tous ses abords. Nous le côtoyons à longueur de temps. Il s’immisce dans nos vies au travers de la politique, des émissions de divertissement ou bien encore de notre entourage. Il faut donc trier, vérifier, s’assurer, et cela en permanence. Statistiquement parlant, le fake est présent sur tous les continents, et il inquiète l’opinion publique qui peine à comprendre pourquoi et comment il se fait amadouer.

Quels sont les domaines les plus touchés ?

Le fake se retrouve partout, et particulièrement lors des élections politiques, quel que soit le pays. Les partis prônent leur propre transparence, alors qu’il n’en est rien. La politique du XXIe siècle se résume à « prêcher le faux pour obtenir le vrai« . Le but des candidats n’est plus de faire connaître, comprendre, et rendre crédible leur programme, mais de sans cesse discréditer l’image des adversaires. La politique actuelle n’est que coups-bas et couteaux dans le dos. Si auparavant nous votions pour un candidat, aussi droit qu’il soit, avec un programme crédible, il est désormais uniquement question de descendre son opposant au sein de l’opinion publique.

« Je tiens à ce que sur la moralisation de la vie publique, nous soyons intransigeants sur le poids des lobbies et de l’argent » Benoit Hamon

Prenons par exemple, le clash entre Benoit Hamon et Emmanuel Macron, lors du Grand Débat du premier tour. Lors de ce dernier, le candidat du Parti Socialiste attaque frontalement le candidat En Marche! pour ses financements de campagne. À la citation précédente, le futur président répondait « Ma campagne est financée dès le premier jour par des dons de personnes physiques, aucun lobby ne donne. »

Or, cette fake politique ne se limite pas qu’aux candidats. Elle engrène avec elle les médias, et notamment les journaux. Les propos politiques sont repris en masse, avec des titres qui n’ont pas forcément d’autre but que de ramener des lecteurs ou faire vendre un papier. On privilégie dès lors l’apparence à la qualité, la surface à la profondeur.

Titre de Libération, article du 07/11/2018 à la suite des déclarations d’Emmanuel Macron

Si nous prenons l’exemple de ce titre d’article, il n’est pas forcément en lien avec l’article de Laurent Joffrin. Bien que Louable, l’article n’explicite pas le lien entre le Président de la République et le Maréchal Pétain. La Lettre Politique retrace simplement la carrière du Maréchal.

Où retrouve-t-on le plus de Fake News ?

L’analogie de l’apparence face à la qualité ne s’applique pas qu’aux différents médias modernes. Dans la vie de tous les jours, et à cause des réseaux sociaux, l’apparence a d’ores et déjà pris le dessus face aux personnalités. Malgré la redondance du sujet, le fake de la vie quotidienne continue de grandir. Le phénomène Instagram est connu pour ses répercutions sur la vie des jeunes, et pourtant, ces derniers favorisent l’utilisation de cette application, à l’inverse des sites d’informations. La génération Z, comme on la surnomme, va chercher l’information sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, même s’ils n’ont pas, pour la plupart, une once de caractère officiel.

Pourtant, les grands journaux, ou grandes chaines d’informations, sont présents sur ces réseaux. Malheureusement, ce qu’ils publient ne constitue pas forcément un buzz. Et c’est ce même buzz qui entraîne à publier tout et n’importe quoi. C’est ce dernier qui est majoritairement recherché sur les réseaux plutôt qu’une information pure et dure.

Sur ce graphique, nous sommes à même de voir que près d’un cinquième de la population française dit avoir été exposé à des informations inventées de toutes pièces. Ce chiffre qui peut paraitre faible compte tenu des statistiques des autres pays est en fait bien trop grand. Dans un pays qui prône la transparence en continu, nous ne pouvons être manipulé à ce point. Ces chiffres sont encore plus alarmants pour la Turquie. La moitié des interrogés répondent qu’ils ont été exposé à des informations inventées. Cela faisait suite aux nombreux bombardements effectué par la Turquie « pour sécuriser ses frontières » (Ilhan Saygili pour la TribuneDeGenève). Les accusations de bombardement sur des zones comprenant des civils ont fait rage. L’ambassadeur de Turquie en Suisse disait même que son pays est « (…) la cible d’une véritable campagne de fake news sur les réseaux sociaux. ».

Le relai des réseaux sociaux

« Les réseaux sociaux sont formidables car ils permettent un débat permanent, mais on y trouve aussi de tout car l’anonymat favorise la haine, la méchanceté et la bêtise. » Alain Juppé

Alain Juppé, actuel maire de Bordeaux et ex-candidat à la primaire des Républicains, s’est exprimé au micro de Léa Salamé, à l’occasion de la sortie de son livre. Selon lui, les réseaux sociaux ont deux facettes. Celle de permettre un débat incessant, offrant la possibilité à chacun de s’exprimer librement, et celle de l’anonymat qui se cache derrière. Ce dernier permet à chacun de commenter, dénigrer, détruire ou encore insulter. Il force une norme générale. Aujourd’hui, les réseaux sociaux demandent presque un mental d’acier pour s’y autoriser des publications qui soient à 100% publiques.

Mais alors, comment en sommes-nous arrivés là ? C’est tout simple, une première personne a lancé une norme, une deuxième a suivi, et caetera. Le public s’attache à ses références et se permet de dénigrer ceux qui ne sont pas dans la norme. Évidemment, nous ne parlons pas de cas isolés mais d’une généralité. Or cette pseudo-normalité est celle qui engrène le fake dans la société actuelle. Celle-ci même qui partage des actualités non-vérifiées, qui s’invente sa propre actualité au détriment de la véracité des propos avancés.

Au-delà de la coquille quant au décès de Martin Bouygues, l’Agence France Presse devrait être le tremplin de l’information. Ses sources étant toujours vérifiées, l’agence possède une crédibilité certaine aux yeux du grand public, lorsque ce public daigne suivre les grands médias et non les pseudos-journalistes indépendants, qui ne le sont qu’au travers de leur compte Twitter.

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