La sortie de la semaine : Le Grand Bain

Vous n’avez pas pu passer à côté des affiches. Le Grand Bain, de Gilles Lellouche, est enfin en salles. Quand « messieurs tout le monde » ont pour ambition de gagner le championnat du monde de natation synchronisée, voilà ce que ça donne.

Sept hommes qui ne veulent, d’abord, que « participer »

Cinq quadragénaires à la vie morose se retrouvent toutes les semaines pour faire de la natation synchronisée. Ce pitch simple, presque absurde, est pourtant celui de ce film choral. Ces hommes vont essayer de reprendre goût à la vie par ce sport.

L’un fait face à une dépression depuis deux ans, un autre est en train de faire couler sa boite, le suivant a un enfant atteint de bégaiement sévère, alors qu’un dernier est une rockstar ratée, etc. Pas très joyeux tout ça ? Détrompez-vous, Gilles Lellouche allie parfaitement ces drames à la comédie.

Sur fond d’une compétition sportive associant agilité et ridicule, ces hommes du quotidien vont essayer de reprendre leur vie (médiocre) en main.

Affiche du film

Le Grand Bain nous offre un casting XXL

Vous avez toujours (ou pas) voulu voir Philippe Katerine, Guillaume Canet ou Benoît Poelvoorde en slip de bain ? Ceci sera chose faite après avoir vu ce « feel good movie ». Gilles Lellouche réunit pour la deuxième fois sur grand écran Guillaume Canet et Benoit Poelvoorde, déjà à l’affiche de Narco il y a quatorze ans pour le premier long-métrage du réalisateur. Mais ça ne s’arrête pas là. Vous pourrez aussi voir nager (danser ?) Mathieu Amalric, Félix Moati, Jean-Hughes Anglade et Alban Ivanov. Balasingham Thamilchelvan, quant à lui, est l’inconnu de l’équipe, assurant son tout premier rôle au cinéma.

De gauche à droite : Alban Ivanonv, Jean-Hughes Anglade, Balasingham Thamilchelvan, Philippe Katerine, Benoît Poelvoorde, Mathieu Amalric et Guillaume Canet

Un peu trop d’hommes me direz-vous. Mais ces bras (pas si) cassés sont dirigés par des mains de fer. Une Leïla Bekhti paraplégique au tempérament de guerrière, ainsi qu’une Virginie Efira à qui la vie n’a pas fait que des cadeaux. Ce duo d’entraîneuses est rejoint par Marina Foïs, femme aimante et fière de son mari, qui nous offre un monologue applaudi par la salle.

Le casting a dû se soumettre à un entrainement intensif avant et pendant le tournage. Petite anecdote : Balasingham a carrément dû apprendre à nager, après avoir menti sur ses compétences. Le réalisateur leur a aussi défendu de faire un régime avant le tournage, par soucis de montrer des hommes et des corps vrais. Bien que le naturel soit défendu dans ce film, Gilles Lellouche avoue lui-même que « pour tout ce qui est jambes à l’extérieur de l’eau, [c’était] des doublures ». Car, oui, il y a des « jambes à l’extérieur de l’eau ».

Une comédie dramatique qui fait du bien

Si votre objectif est simplement de rire, allez-y. Vous avez deux heures devant vous ? allez-y. Si vous venez de rompre et que vous souhaitez pleurer toutes les larmes de votre corps, n’y allez que pour pleurer de rire. Ne vous méprenez pas, vous n’allez pas passer qu’un simple bon moment. Gilles Lellouche donne à voir des personnages qui ne peuvent qu’évoluer. Chacun d’eux est sur la pente descendante. Le réalisateur a su trouver comment parler d’alcoolisme, de dépression, et de ce qu’il considère lui-même comme une lassitude en France. Le tout sans pour autant faire un film purement dramatique et larmoyant. Plusieurs scènes vous feront hésiter entre le rire et la compassion, la moquerie et la tendresse.

L’équipe du film en haut des marches du Festival de Cannes

En sortant de la salle, vous vous rendrez compte de ce que vous avez vu et ce sur quoi vous avez ri. C’est en voulant « faire entrer un rond dans un carré » que le coréalisateur des Infidèles arrive à nous faire rire et nous émouvoir.

Cette comédie fait partie de la courte liste de celles ayant eu le droit à une standing-ovation au Festival de Cannes. En effet, le film hors-compétition plaira autant aux férus de cinéma qu’au cinéphiles du dimanche.

Que vous vouliez passer un bon moment sans prise de tête ou 123 minutes à voir ce que la médiocrité peut faire éclore, offrez-vous le plaisir de plonger dans Le Grand Bain.

2 Comments

  1. Article bien sympa et qui donne envie d’aller voir le film. Si on parle régulièrement de la féminisation des sports, en revanche, on aborde moins sa masculinisation. Dommage car c’est un vrai débat de société. Sommes nous capables d’accepter dans nos clubs, dans nos mentalités un twirling bâton masculin aux championnat du monde? Il me semble que les hommes licenciés en natation synchronisée sont 200 en France… c’est pas gagné!

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