Jean-Paul Belmondo en tête d’affiche du Festival Lumière

Samedi soir se tenait la cérémonie d’ouverture du 10ème Festival Lumière. Un événement cinématographie lyonnais, placé sous la houlette du délégué du Festival de Cannes, Thierry Frémeaux. Cette cérémonie s’offrait des invités de marque, comme l’intemporel Jean-Paul Belmondo.

Belmondo, intemporel, est une icône de la Nouvelle Vague passée devant les caméras de Jean-Luc Godard, François Truffaut, Jean-Pierre Melville ou encore Claude Lelouch. À l’occasion du festival, ce dernier a présenté son film Itinéraire d’un enfant gâté. Réalisé en 1988, la tête d’affiche n’était autre que Belmondo. L’opportunité pour nous de vous faire redécouvrir l’un des rôles les plus sous-estimés de l’acteur, pour lequel il a d’ailleurs été récompensé d’un César.

Jean Paul Belmondo dans Itinéraire d’un enfant gâté

Un itinéraire universel

Itinéraire d’un enfant gâté raconte l’histoire d’un enfant abandonné, Sam Lion. Il grandit au coeur d’un cirque avant de devenir, à l’âge adulte, le patron d’une multinationale. Venue la cinquantaine, l’homme décide de se faire passer pour mort. Sam est lassé par toutes ses responsabilités qui lui ont empêché de vivre sa vie telle qu’il l’imaginait. Puis un jour, il commence à regretter son choix…

Ce rôle est la quintessence d’un personnage inventé par Belmondo tout au long de sa carrière. Ce rôle qui cultive au quotidien une grande légèreté et fuit de ce fait ses tourments. Sam Lion est donc à l’image de chacun d’entre nous. Il contourne les souffrances qui pourraient le ronger mais finit par être rattrapé par elles.

Jean-Paul Belmondo trouve en Sam Lion son alter ego. Il s’accomplit pleinement dans ce qui semble être son meilleur rôle. En effet, il fait plus que simplement proposer ce que les spectateurs attendent d’une oeuvre à l’effigie de Belmondo. L’acteur étoffe son jeu, en lui ajoutant une tonalité dramatique. Des rires aux larmes, Sam Lion en est un des plus beaux traits d’union que vous verrez sur grand écran.

Jean-Paul Belmondo interprétant Sam Lion en Polynésie

De plus, Itinéraire d’un enfant gâté transporte son spectateur. Sam Lion décide de voyager pour combler le temps que lui offre sa prétendue mort. Par conséquent, Lelouch et Belmondo nous font voguer entre les atolls turquoises de la Polynésie, les paysages ocres de l’Afrique sauvage, ou encore le charme indélébile de villes comme Paris, Cologne et San Francisco.

Toutefois, le personnage, confronté à la solitude et grâce à l’aide d’un jeune insouciant (Richard Anconina), se rend compte rapidement que les choses essentielles sont celles qu’il a abandonnées. Ses enfants, l’esprit de famille qu’il a instillé dans son entreprise, etc. Une prise de conscience universelle, puisqu’on réalise souvent après coup la chance qu’on avait, à l’image de l’enfant gâté du titre.

Un choix courageux de la part du Festival

Ainsi, le choix du Festival Lumière de rediffuser Itinéraire d’un enfant gâté est audacieux. Plutôt que de céder à l’envie légitime d’ouvrir un festival sur un film culte, Thierry Frémeaux a opté pour la délicatesse. La délicatesse de projeter l’oeuvre d’un cinéaste auréolé, Claude Lelouch. L’élégance de rendre hommage à l’un des plus illustres acteurs de l’Hexagone, Jean-Paul Belmondo. Et finalement, le pari de nous faire considérer un film à sa juste valeur.

C’est grâce à des œuvres comme celle-ci que l’on peut être fier du cinéma français, parfois trop décrié par ses concitoyens. Un croisement de sensations fortes, un protagoniste qu’il est difficile de ne pas adorer, une bande-originale poignante et une histoire propre à tous nous émouvoir. C’est l’impression qui se dégage de l’itinéraire de cet enfant gâté.

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