Darmanin : « La France, elle est accidentée »

Tous les jours sur Miam, la rédaction revient sur les interviews des matinales radio. Aujourd’hui, Guillaume Pepy était l’invité d’Elizabeth Martichoux (RTL) tandis que Gérald Darmanin répondait aux questions de Jean-Jacques Bourdin sur RMC.

Gérald Darmanin, entre poésie et règlements de comptes

Ce matin sur RMC, Jean-Jacques Bourdin recevait Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics. L’ex-LR défend la politique menée par Emmanuel Macron et en profite pour tacler son ancienne famille politique.

L’interview s’ouvre avec le désormais habituel argument de la transition écologique pour justifier les hausses des prix du carburant. Le Ministre évoque les 50 000 morts par an liées à la pollution et met en garde contre les dangers du diesel. Il compare cette situation à celle de l’amiante, largement utilisé avant la prise de conscience médicale. La fiscalité écologique correspond aujourd’hui à 34 milliards d’euros et « L’État ne prend pas un euro. »

La colère, « je la ressens » affirme-t-il, avant d’offrir aux auditeurs de Bourdin Direct un rare moment de poésie. Quand on est gilet jaune, « on est accidenté ». « La France, elle est accidentée. »

Darmanin rappelle les mesures faites pour les Français depuis le début du quinquennat mais reconnaît que, « peut-être que ça ne va pas assez vite ». Avec le budget de l’État, « on paye des professeurs, on paye des hôpitaux, de la sécurité » explique-t-il, reprenant l’argument du chef de l’État depuis le porte-avion Charles de Gaulle mercredi soir.

Depuis quand vivons-nous à crédit ? « Depuis 40 ans » répond Gérald Darmanin, rejetant la faute sur les gouvernements précédents. Laurent Wauquiez, Marine Le Pen, « ils n’ont pas les problèmes des Français. », même si le Ministre reconnaît faire partir de cette même catégorie de personnes.

Une interview-réponse à Wauquiez

Gérald Darmanin a probablement écouté Laurent Wauquiez mercredi matin dans Bourdin Direct. Il rappelle ainsi que les régions ont également la main sur la fiscalité. Laurent Wauquiez peut réduire les taxes s’il le souhaite : « il peut le faire ». S’il ne le fait pas c’est car « il se réjouit des problèmes des Français. »

Le ministre de l’Action et des comptes publics se veut pédagogue et dit vouloir aider les entreprises : « On crée de l’emploi avec les entreprises et les entreprises on ne les crée pas avec des charges. Nous on supprime des charges. » dit-il à Jean-Jacques Bourdin.

Il revient ensuite rapidement aux règlements de comptes : « Le programme des Républicains c’est de taxer les complémentaires retraites ». Contredisant de ce fait Laurent Wauquiez qui promettait aucune augmentation de taxes ni d’impôts. « Moi je ne suis pas un hypocrite (…) Je ne suis pas démago ». Gérald Darmanin s’en prend finalement aux « gens qui ont des grandes idées mais quand ils étaient au pouvoir ne les ont pas mises en place ».

L’entretien se termine sur une dernière note poétique : « Si je me suis engagé c’est pour la France » dit-il, après s’être confié sur sa colère partagée avec les Français envers « toute la classe politique ».

Guillaume Pepy invité de Martichoux

Ce matin, Guillaume Pepy était invité chez RTL. Le président de la SNCF répondait aux questions d’Elizabeth Martichoux. Au programme, modernisation du réseau ferroviaire et alliance avec Blablacar.

La SNCF à la lutte contre les gaz à effet de serre

À la veille d’un probable fort mouvement de grève, la SNCF ne s’engage pas à rembourser ceux qui manqueront leurs trains. Il faudra donc prendre ses précautions. 

Néanmoins, Guillaume Pepy concède aux participants du blocage du 17 novembre la légitimité de leurs mécontentements face à l’augmentation des tarifs. « Mais il faut qu’on soit lucide » ajoute-t-il. Les transports représentent 29% des gaz à effet de serre. « C’est énorme, ça ne peut pas durer ». Les trains en émettent 1%. Mais pour Guillaume Pepy, « 1%, c’est déjà trop ». 

Chaque jour, 20% des trains de la SNCF fonctionnent avec une traction diesel. Deux solutions s’offrent à la SNCF pour rendre totalement propre le réseau ferroviaire français. Guillaume Pepy propose d’ajouter un moteur électrique supplémentaire à ces trains. En bref, la première solution est un modèle hybride. 

La seconde solution est celle du train à hydrogène, c’est-à-dire au CO2. Si cela pose le problème de station-service et de règles de sécurité, Pepy promet de « s’y mettre à fond » dès 2019. Le président de la SNCF prévoit une commande de prototypes Alstom l’année prochaine pour les recevoir en 2022. « Il faut qu’on arrive à sortir du diesel ferroviaire en 2030 ». Ambitieux. 

Guillaume Pepy s’allie à Blablacar et évoque son départ prochain

À propos de la vente de Ouibus à Blablacar, Guillaume Pepy estime que ces deux services, auparavant concurrentiels, se complèteront d’ici fin 2019. Le système est simple. Les clients ne paieront désormais plus uniquement un trajet de gare en gare. Les trains seront reliés par Blablacar pour emmener les clients à leurs point de destinations finaux. « Les deux modes de transports les plus écolos (…), au lieu de se faire la guerre, s’allient pour offrir aux Français des solutions propres, vertes de bouts en bouts ».

Interrogé par Elizabeth Martichoux sur son probable départ de la SNCF d’ici la fin de l’année prochaine, Guillaume Pepy « ne confirme rien ». Pour lui le sujet ne doit pas être évoqué : « le sujet n’est pas ma personne ». Il finit par admette qu’il est « en train de négocier un accord de branche et un accord d’entreprise ». Ces accords sont cruciaux pour définir les contrats des futurs cheminots.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *