Nous sommes tous un peu BoJack Horseman

BoJack Horseman, le cheval le plus cool du petit écran est revenu sur Netflix en septembre. On vous explique pourquoi la série nous rend accro. Au fond, nous sommes tous un peu BoJack Horseman.

Bojack est une célébrité du petit écran à la retraite. Riche mais triste, il ne parvient pas à avancer dans sa vie. Il passe alors ses journées et ses nuits à boire, fumer, se droguer, rester sur son canapé et réinventer en permanence la notion de méchanceté. Le tout en flirtant, selon les épisodes et les périodes, avec la dépression.

La cinquième saison est sortie en intégralité le 14 septembre sur Netflix, également producteur de cette création originale. Dans cette nouvelle saison de douze épisodes qui reste fidèle au format de la série depuis la première saison sortie à l’été 2014, on suit Bojack, à nouveau dans une série télévisée : Philbert.

Le succès de la série sur Netflix s’explique par une raison simple : BoJack est – malgré son physique – tout aussi humain que nous. C’est un cheval anthropomorphe qui nous ressemble, tout en mettant en avant les côtés les plus sombres de son existence.

BoJack n’est pas un héros

BoJack, comme la plupart des personnages qui peuplent sa vie au cours des saisons – Diane, Sarah-lin ou encore son ex-petite ami et agent Princess Carolyn – est triste. Le seul personnage véritablement heureux, Mister Peanutbutter, est le seul que BoJack ne peut supporter.

Evidemment, le téléspectateur admirant la star, son enthousiasme et son bonheur nous agacent. On en vient même à se demander si lui aussi n’est pas comme les autres, et derrière ce masque plein de vie est animé par une tristesse, un malheur constant qui ne veut pas s’arrêter. Finalement, on aimerait qu’il soit comme tout le monde.

On se retrouve très facilement dans le personnage de BoJack Horseman. Il est maladroit, et a ainsi une facilité pour faire du mal aux gens, même quand ce n’est pas son intention. Il est très souvent le personnage qui met en exergue l’absurde de la série, et de ce fait, nous montre ce qui va de travers dans la société actuelle, la nôtre. Évoluant dans l’univers d’Hollywood, la série privilégie notre intérêt croissant pour la célébrité et le culte de soi-même.

BoJack est comme nous finalement, il s’emmerde et passe ses journées devant un écran, se posant parfois des questions sur son existence. C’est dans ces moments où l’on se rend compte que si BoJack déteste les gens, il ne parviendra jamais à les détester autant qu’il se déteste lui-même.

BoJack, le Hank Moody dessiné ?

L’épisode 6 de la saison 4, sobrement intitulé « Stupid Piece Of Shit » nous laisse entrer dans la tête de BoJack. Cet épisode nous montre comment le personnage réfléchit avant d’agir. Résultat : vingt-cinq minutes où Bojack s’insulte et prend le temps de se détester encore plus. Une des citations de BoJack que l’on retient de l’épisode est « Look at him. Not a care in the world. How does he do it? », où il se montre envieux de Monsieur Peanutbutter.

BoJack a également l’impression d’être seul, et de ce fait incompris. A moins que ce ne soit l’inverse. Dans l’épisode 4 de la saison 3, BoJack se retrouve sous l’eau, dans un monde qui ne lui correspond pas. Il est incapable de communiquer avec quiconque et se retrouve enfermé avec sa solitude. Cet épisode a été jugé magnifique par nombre de téléspectateurs qui s’y sont retrouvé et primé Meilleur épisode de l’année 2016 par le magazine américain Time.

Dans cet épisode, c’est surtout le travail de production qui fait son effet. Le cynisme de BoJack se retrouve greffé à l’esthétique sous-marine dessinée et à la musique, dont les sonorités blues-rock jouent un rôle prépondérant dans la série. Un tout envoûtant qui a pour effet de nous entraîner dans les pensées du personnage principal.

BoJack est une forme de Hank Moody dessiné. Dans Californication, l’écrivain n’écrit plus et se noie dans un flot de femmes, cigarettes, alcool et toute autre drogue susceptible de lui faire oublier qu’il ne parvient pas à être heureux. L’intrigue porte donc sur ce personnage artiste qui était une fois populaire, et qui depuis vit de ce qu’il a réussi. Ils ont en commun qu’ils sont aussi cools vus de l’extérieur – par le téléspectateur – que tristes en l’intérieur.

La touche d’humour nous empêche de trop déprimer, mais il ne s’agit pas non plus d’une série feel-good. C’est sa capacité d’échapper à ces cases fait rentrer BoJack Horseman dans la catégorie des belles séries, celles qu’on retient.

 

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