Alphonse Mucha au musée du Luxembourg

Depuis le 12 septembre 2018 et jusqu’au 27 janvier 2019, le musée du Luxembourg nous propose de partir à la découverte d’Alphonse Mucha et de son oeuvre.

Mucha et la spiritualité

Dans une salle en clair-obscur aux murs tendus de bleu, vous marchez près de La Lune et les Etoiles, dont les lumières, déjà, ravivent la pièce. Loin de Sarah Bernhardt et des flacons de parfum, l’atmosphère a changé : sur le mur opposé, des esquisses de carcasses entremêlées dans un chaos flous font face à deux sculptures de corps en lutte, l’une de Mucha et l’autre de Rodin. C’est la salle du Pater, de la violence et de la spiritualité.

La Lune, Alphonse Mucha

Au fond de la pièce, une toile imposante, bien différente des typiques lithographies qui ont fait le succès de Mucha. A l’aube de son Épopée slave, les femmes en volutes et en regards souverains qui trônaient, uniques, au centre de ses tableaux, ont disparu. A la place, deux figures se dessinent et partagent l’affiche dans cette scène aux allures mystiques.

D’abord, vous voyez la Vierge. Elle est blonde et porte les boucles arabesques, occupe la majeure partie du tableau et le domine. Du regard, elle couve une jeune fille assise sur un rocher, la protège de ses voiles qui lui effleurent l’épaule. Elle semble flotter au-dessus du sol, et autour d’elle fleurissent les lys blancs ; ils se confondent dans le halo de ses cheveux et l’emportent loin des yeux innocents de l’enfant à ses pieds, qui ne semble pas la remarquer. Droite, sérieuse, les mains sur ses genoux et qui serrent une couronne de lierres, celle-ci interroge le spectateur de son regard candide. Elle est la pureté et la sagesse en nattes cuivrées et costume folklorique.

Une exposition biographique

Après Gismonda et Hamlet ; le Printemps, l’Eté, l’Automne et l’Hiver ; après la boutique Fouquet et les bijoux rutilants, Mucha met un terme à sa vie parisienne et aux frivolités qui l’animent. C’est ainsi que ses œuvres s’allègent en dorures et s’encombrent en personnages, alors qu’il renoue avec ses origines slaves. L’affichiste par nécessité laisse place à l’artiste passionné, qui va désormais se consacrer à son but véritable. Dès lors, il se fait historien et décide de raconter l’histoire des pays de l’Est à travers son chef d’œuvre, L’Épopée slave. 

 

Cet ensemble de vingt tableaux, Mucha l’avait rêvé, déjà, à l’époque où il quittait sa Moravie natale pour s’établir à Paris. Ainsi, dès le début de l’exposition -qui correspond à son arrivée rue de la Grande Chaumière dans le VIe arrondissement, on trouve dans ses œuvres les inspirations slaves qu’il désire avec tant d’ardeur faire ressortir dans ses créations.

Vitraux de la légende de Cyrille-et-Méthode par Mucha, cathédrale Saint-Guy à Prague.

Au fur et à mesure de votre parcours, vous rencontrez donc des photographies, des croquis, des traces de l’avancement de son projet. Elles prennent de l’importance dans l’exposition alors que celle-ci déballe, chronologiquement, les œuvres de l’artiste tchèque ; elles se glissent dans les costumes et les décors, et évoluent avec l’artiste, des premières illustrations de romans à l’Exposition Universelle de 1900.

Enfin arrive 1910 et le retour de Mucha à Prague. Désormais reconnu en tant qu’artiste et, de ce fait, libre de se passer des affiches publicitaires qui le faisaient vivre, il se consacre entièrement à la révolution nationale tchèque. Par son travail, il sublime et célèbre la culture slave, comme il en avait rêvé adolescent.

En bref

  • Pourquoi ? Pour découvrir le vrai Mucha et non pas celui des posters ; retracer sa vie en sept salles.
  • Quand ? Du 12/09/2018 au 27/01/2019.
  • Où ?  Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard – 75006.
  • Ça coûte combien ? 13€ tarif plein ; 9€ tarif réduit ; et à partir de 16h c’est deux places pour 9€ pour les moins de 25 ans !

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